voyage

Me voilà tranquillement assis à la terrasse de ce bistrot au coeur de Villa Nova de Gaia en train de siroter un Porto blanc . En me penchant pour humer le vin,j’y retrouve des arômes un peu anisés qui me rappellent le fenouil,avec une petite touche de boiser ;sublime en apéritif.
La place minuscule en face du café garde une touche de colonies lointaines,dans l’un des derniers jardins au bout de l’Europe,dont les palmiers sont les remparts d’une douce nostalgie.
Il est dix-neuf heures,la chaleur descend doucement et la soirée,exhale délicatement des parfums plus discrets qui n’avaient pas droit de cité dans la fournaise du plein soleil.
Hier encore je me promenais dans ces vignes,plantées à flanc de collines, schisteuses,ces vignes qui on prit pied dans cette terre rouge du Douro ,cette terre montée à dos d’hommes.
J’observais ces hommes ,durs à la tache,construisant des terrasses si précieuses pour ces vignes.
Et puis il y à ces ceps offrants à l’ardeur du soleil des grappes généreuses . Parfois encore foulées aux pieds dans ces cuves en pierre qu’on appelle (lagares).
C’est beau c’est ancestral et fatiguant,mais ce geste n’est que le début de ce qui va donner un des plus grands vins du monde.
Cette après-midi fut le couronnement de mon voyage : les chais de Porto,ce haut lieu du culte de Bachus .
Les lourdes portes cloutées des chais recèlent des secrets bien gardés ;y, pénétrer relève de l’acte religieux ……
Rien n’est laissé au hasard ;Au fond de ces caves, les fûts lourdement chargés, et les bouteilles empoussiérées grises de plusieurs années de repos évoquent le château de la belle au bois dormant
Le silence épais,l’air frais,alourdi par des années de repli et d’obscurité rendent l’instant sacré.
Le rituel de la dégustation se déroule dans une allée sombre ou les fûts dorment d’un puissant sommeil. Oser troubler cette sérénité c’est se reconnaître le droit et surtout le privilège de toucher au précieux nectar . Je le regarde le respire et tout pétri de respect je le porte à la bouche,le Porto libère ses arômes comme une fleur dans une serre.
Généreux capiteux lourd de tous ce soleil engrangé,c’est un vin très sombre,d’une concentration quasi unique au monde,d’une puissance rare dans sa jeunesse,avec des tanins féroces . Mais après quinze ou vingt ans de repos en bouteille,quelle récompense,voluptueux,sensuel,c’est un feu d’artifice d’arômes et d’épices que je retrouve en bouche et qui se prolonge indéfiniment .

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s